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Le matin se prépare la veille au soir, et pas un peu : entièrement

Par · · 6 min de lecture

Tout ce qui demande une décision le matin est une décision de trop. Voici ce que j'ai déplacé au soir, et ce que ça a changé.

Les matins difficiles ne le sont pas parce qu'on manque de temps. Ils le sont parce qu'on y prend une série de décisions au moment où personne n'est en état d'en prendre — ni les enfants, ni nous.

Recenser les décisions, pas les tâches

J'ai commencé par lister ce qui se décidait entre le réveil et le départ. C'était plus long que prévu : quels vêtements, quel petit-déjeuner, qui prend quoi, où sont les chaussures, est-ce qu'il pleut, faut-il un sac de sport aujourd'hui.

Chacune est minuscule. Mises bout à bout, elles occupent tout le temps disponible et produisent l'essentiel des frictions — parce qu'une décision, ça se discute, et un enfant discute très bien à sept heures du matin.

Un matin fluide n'est pas un matin où l'on va vite. C'est un matin où il n'y a plus rien à décider.

Ce que j'ai déplacé au soir

Le vrai coût

Une vingtaine de minutes le soir, à un moment où on n'a plus envie de rien. C'est le seul obstacle réel, et il est sérieux : l'énergie du soir est la ressource la plus rare de la journée.

Ce qui m'a aidé, c'est de le faire au même moment chaque soir, juste après le coucher des enfants, avant de s'asseoir. Une fois assis, ce n'est plus jamais fait.

Ce que ça n'a pas réglé

Les matins où quelqu'un est malade, où l'on a mal dormi, où un enfant décide que non. Aucune organisation ne couvre ça, et c'est utile de le savoir pour ne pas conclure que la méthode ne marche pas.

Ce qu'elle fait, c'est réduire le nombre de matins ordinaires qui se passent mal. Les matins extraordinaires restent extraordinaires, et il faut juste les traverser.

Portrait de Julien Sauvageot

Contributeur parentalité

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